Raymond Savignac

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Photographie du portrait © Robert Doisneau, Raymond Savignac, 1950
Affiches du portrait © Ville de Paris / Bibliothèque Forney / Roger-Viollet

“L’homme qui fait sourire les murs et réfléchir le papier” Raymond Savignac (1907-2002) est sans conteste l’un des plus célèbres affichistes français, qui a révolutionné le genre après-guerre. Avec plus 600 affiches publicitaires réalisées, dont les plus célèbres restent à ce jour Monsavon, qui signa sa consécration en 1949, Bic, Aspro ou encore l’affiche de La Guerre des boutons, il a marqué l’histoire de l’affiche avec sa poésie, son sens du raccourci et son humour joyeux.

« Conçues comme des slogans graphiques, ses affiches ont l’humour et la spontanéité de l’enfance. Sous une apparente légèreté, la simplicité du trait s’intègre dans une vraie démarche plastique. Il souhaitait que ses affiches aient “la beauté de l’évidence” et créait ainsi des concepts, des scènes humoristiques où le personnage suscite la complicité du passant. La vache Monsavon, l’écolier Bic, tous les personnages qu’il a créés, traversent avec une étonnante facilité les pays et les époques, continuant de s’imposer aujourd’hui au spectateur avec la même évidence. Le petit monde de Savignac révèle l’univers graphique d’un créateur qui a su saisir l’esprit d’une époque aujourd’hui révolue, pourtant prompte à revivre à travers ses affiches et ses dessins. »

– cit. pyramyd-editions.com

 

« […] Les trouvailles inattendues de Savignac, ses gags visuels, arrêtent immédiatement l’attention. Mais quelque chose de plus la retient aussitôt : c’est l’idée simple et forte enfermée dans un graphisme, l’idéogramme qui réalise la synthèse du fond et de la forme et inscrit l’argument massue dans une image dont la suggestion s’impose. Savignac est un grand affichiste, parce qu’il est vrai, parce qu’il est humain, parce qu’il est simple. Mais cette simplicité, en apparence facile, est en réalité le fruit d’une longue méditation qui a éliminé successivement tout ce qui n’était pas l’essentiel. Le terrien Savignac est avant tout un tempérament. Son écriture vigoureuse, ses accords de tons purs sont faits pour le mur. Sa forte personnalité est a l’échelle des cités modernes. De ses compositions émane une sorte d’énergie élémentaire qui est au domaine visuel et plastique ce que le jazz est à la musique. Savignac ne ressemble qu’à lui-même et ses affiches donnent une impression frappante de non-encore-vu. Véritable miracle à une époque où chacun semble le suiveur ou l’imitateur de quelqu’un. S’il fallait à toute force le rattacher à une tradition, ce serait à celle des imagiers d’autrefois dont la verdeur et la cocasserie enchantaient le bon peuple de France. Chez Savignac, le lyrisme s’allie au bon sens, et son art robuste, direct, joyeux et tonique est une proclamation d’optimisme. Il n’est rien dont nous ayons un plus impérieux besoin. »

– Robert Guérin, cit. Savignac, homme de choc in. Graphis N°17 | 1947

 

« A 15 ans Raymond Savignac décide d’arrêter ses études et veut être dessinateur. Il débute à la compagnie des Transports Parisiens comme dessinateur-calqueur et suit des cours du soir de dessin industriel. Admirateur de Chaplin, il est influencé par son “C’est le goût du gag qui m’a amené à décomposer l’art de Chaplin. Après, il ne m’a plus quitté. Mon but à été de mettre du cinéma dans mes affiches.” Sa carrière démarre en 1935, lorsqu’il devient le collaborateur de Cassandre. Sa première commande était pour une marque de tapis dont le slogan dans le goût de l’époque était “Un tapis Vidal est un capital”. Cassandre lui laisse ensuite la confection de l’affiche du roquefort Marie Grimal, la première de Savignac affichée sur les murs. Deux ans plus tard, il vante les performances de l’autorail Paris-Lille qui reliait alors les deux villes en 2 h 25. Il retiendra de l’enseignement du maître que “l’affiche n’est qu’un moyen, un moyen de communication entre le commerçant et le public; quelque chose comme le télégraphe. L’affichiste joue le rôle de télégraphiste : il n’émet pas de message, il le transmet. On ne lui demande pas son avis. On lui demande seulement d’établir une communication claire, puissante, précise.” Le départ de Cassandre en 1938 aux Etats-Unis mettra fin à leur collaboration. Suivront des années difficiles et de travaux alimentaires que Savignac lui même qualifie de sans intérêt.

En 1948 il rencontre Bernard Villemot, un affichiste déjà réputé qui l’invite à venir travailler dans son atelier. Leur exposition commune et surtout l’affiche Monsavon marque le début de son succès. Savignac le dit lui même : “Je suis né à l’age de quarante et un ans, des pis de la vache Monsavon.” Savignac ne cessera plus d’être présent sur les murs, les palissades et dans le métro. Le zèbre de Cinzano, le mouton de la quinzaine de la laine, la gitane de la régie française, le monsieur au long nez qui hume air-wick, la vache coupée en deux du pot-au-feu Maggi, la bille Bic, Aspro, … autant d’œuvres éphémères qui n’ont pas été oubliées, car les affiches de Savignac restent des modèles de gaieté, d’esprit et d’efficacité. Il a gravé dans notre imaginaire des gags visuels et des images d’une légèreté et d’une gaieté rarement égalées aujourd’hui. Raymond Savignac est le dernier d’une lignée de graphistes français, tels que Colin et Cassandre, qui tutoyaient l’art tout en s’adressant au commun des mortels […]

– cit. avrile.canalblog.com

 


Plus de ressources sur Raymond Savignac :

→ De nombreuses affiches sur bibliotheques-specialisees.paris.fr, gallica.bnf.fr, flickr.com,
→ Consulter l’article L’affiche est un scandale visuel sur strabic.fr
→ Plusieurs articles sur iconofgraphics.com, lesartsdecoratifs.fr, advertisingtimes.fr, 2avrile.canalblog.com
Savignac et la publicité pharmaceutique par Pierre Julien
Un texte de Roland Barthes à propos de Raymond Savignac
Une petite vidéo de Sebastien Trignac qui rend hommage à la vie de Savignac


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