Petite histoire des couvertures de livres

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Petite histoire des couvertures de livres
Une série d’articles dédiés à l’histoire du graphisme des couvertures de livres
réalisé par Tiphaine Guillermou pour le blog grapheine.com

« Dans la langue de Molière on aime à dire que “l’habit ne fait pas le moine”, mais l’équivalent shakespearien sera “don’t judge a book by its cover”. Pourtant on sait tous combien “la première impression” est primordiale. D’où l’importance de la “couverture” dans l’envie de lire tel ou tel livre. Aujourd’hui véritable objet marketing, la couverture joue le rôle de packaging pour la littérature. Pourtant, l’histoire de ce modeste rectangle de papier est riche d’enseignements, passant de la fonction de conservation des premiers manuscrits à l’objet de grande consommation, elle a animé des générations de designer graphique […]

Chapitre 1 : Du Codex à l’impression en couleur (IIIe s. à 1860)
Chapitre 2 : Du tissu imprimé à la jaquette couleur (1860 à 1935)
Chapitre 3 : Du livre de poche à l’abstraction (1935 à 1970)
Chapitre 4 : Poche français, graphisme et couvertures contemporaines (1960 à nos jours)

 
Le livre trésor | Un objet précieux (Antiquité – Moyen-Âge)

Jusqu’au début des années 1800, et en particulier au Moyen-Âge ou pendant la Renaissance, le livre est un objet précieux pour deux raisons : son contenu et sa forme. D’abord, il renferme presque exclusivement des textes sacrés : la parole sainte, trésor religieux, est réservée aux moines. Autant dire qu’on avait rarement une Bible sur sa table de chevet à la maison – d’ailleurs, entre nous, encore fallait-il savoir lire.

Si on prend en compte le fait qu’avant 1450 chaque ligne est écrite à la main, ornée d’enluminures à l’or, et que les couvertures sont des oeuvres d’art à part entière, on comprend mieux pourquoi sa forme était toute aussi précieuse que son contenu. Avant, les « couvertures » de livres ressemblaient à ça : reliures gravées ou embossées à la main, pierres précieuses, ivoire, soie, fermoirs, broderies, cuir, et fils d’or et d’argent. Le genre de bouquin que l’on aurait un peu de mal à glisser dans son sac à main dans le métro (à voir en grand en cliquant sur l’image).
Le livre est à l’époque un support réservé aux érudits, qui se consulte sur place et se transmet comme un trésor, solidement protégé pour perdurer au fil des années. »

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