Miroslav Šašek

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Photographie de couverture © Miroslav Šašek | This Is the Way to the Moon (1963)

« Miroslav Šašek est un illustrateur d’origine tchèque né en 1916 qui, installé en Europe de l’Ouest dès 1947, est à l’origine de près d’une vingtaine d’albums pour enfants très originaux puisqu’il s’agit en fait de guides illustrés emmenant leurs petits lecteurs dans plusieurs grandes villes du monde. Complètement tombé dans l’oubli après sa mort en 1980, il continue d’être adoré par une poignée d’admirateurs, de la première heure ou tardivement conquis. » (cit. http://www.lecture.org).

« Mr. Šašek a fait des études d’architecture à Prague. Il a aussi étudié quelque temps aux Beaux-Arts à Paris. Il a pu fuir Prague en 1948, et s’est installé à Munich où travaillait son épouse. De 1951 à 1957 il a travaillé pour Radio Free Europe avant de se consacrer à la peinture et à l’illustration. Sa série de portraits de villes (10 titres au total) et de pays (5 titres) pour la jeunesse connaît un succès international et reçoit de nombreux prix. Quatre de ces ouvrages deviennent des dessins animés avant d’inaugurer la série “This is” avec This is Paris. Poétiques et colorés, riche en détails et pleins d’humour, ces albums sont d’une étonnante modernité graphique. » (cit. https://www.babelio.com).

« D’un trait vif et léger, surfant pour notre plus grand plaisir avec les clichés (allez, pour une fois…), le grand illustrateur tchèque disparu en 1980 avait immortalisé nos grandes capitales dans de magnifiques albums dans le courant des années 60. Ils sont aujourd’hui réédités, et, miracle, les cities de Šašek n’ont pas pris une ride. Sans doute que l’œil de Šašek, architecte de formation, donc rompu aux lignes citadines, a su prendre et rendre à la ville sa physionomie profonde. La destination encyclopédique des albums y est pour beaucoup aussi. Il y a toujours des gondoles à Venise, des banquiers à la City, des chats dans le forum romain. Une vision touristique un peu archétypale, certes, mais qui fonctionne au-delà du cliché. Surtout que le dessin de Šašek, élégant, inventif, frôle le burlesque et donne du mouvement à ces figures imposées de la ville illustrée. Son trait, léger, vif, donne du rythme. Parfois même, il amorce le souvenir d’une séquence de film tout droit sorti des années 60 ; selon l’album qu’on feuillette on se croirait chez Tati, Fellini ou Cukor. Il y a pire comme promenade… » (cit. http://www.telerama.fr).

« Le style de dessins de Šašek, avec ses personnages longilignes n’est pas sans rappeler ceux que Pierre Etaix a réalisés pour le cinéaste Jacques Tati. D’ailleurs, Šašek n’est pas loin de l’esprit de Tati, dans la tendresse, l’humour et la malice qui se dégagent, ainsi que dans sa fascination pour la modernité. » (cit. http://www.lecture.org).

« Harold, documentariste franco-britannique, collectionneur des albums et qui souhaite tourner un documentaire sur l’illustrateur qui a illuminé son enfance, analyse l’approche de Šašek : “Même s’ils ont été dessinés à leur époque, pendant la guerre froide – donc le monde dessiné par Šašek n’est qu’une partie du monde – cela reste un monde plein de promesses technologiques, plein de promesses politiques. C’est le monde dit ‘libre’ et c’est un monde où on peut voyager. Le voyage devient accessible, on prend l’avion, le train, et on se déplace de ville en ville. C’est la première fois qu’on fait des guides touristiques pour enfants qui évidemment voyagent peu par eux-mêmes. Il leur faut donc des livres pour voyager dans leurs têtes. Le message pour les enfants est le suivant : ce monde d’adulte, de technologies, ce monde où il y a eu des guerres (car dans l’album sur Israël on parle de la guerre), ce monde qui s’est déchiré, ce monde-là, il vous est accessible et bienveillant. Qu’est-ce qu’une génération peut dire de mieux à la suivante que ‘ce monde est pour toi’ ? Regardez comme le monde vu par Šašek est beau et optimiste, comme c’est fait pour exciter l’œil du jeune lecteur, pour lui dire que le bâtiment devant lequel il passe tous les jours est beau. C’est un vrai travail de transmission de culture.”. » (cit. http://www.lecture.org).

« En effet, sa série d’albums de voyage pour les enfants leur permettaient de voyager “dans un fauteuil”. Lui, il voyageait pour de vrai, s’installait à l’hôtel, et passait des semaines à faire des aller-retour entre les monuments qu’ils dessinaient sur un petit carnet et sa chambre où il peignait. » (cit. https://www.franceinter.fr).

« Šašek a représenté un univers qui parait un peu désuet aujourd’hui mais plein de charme, de poésie avec des scènes du quotidien dans des lieux publics représentées avec son style très personnel. La série fut commencée en 1959 avec le livre Paris (This is Paris pour son édition anglophone) publié par Casterman qui depuis réédite régulièrement la plupart des titres. » (cit. http://labelleillustration.blogspot.fr).

« L’illustrateur a d’ailleurs lui même décrit ainsi la genèse du livre This is Paris : “Je voulais peindre Paris d’une manière complètement différente … Paris, à quoi ça ressemble vraiment. Comme je l’ai vu quand je suis venu pour la première fois, et aussi comment je le vois maintenant.” […] Avec l’oeil précis d’un architecte, il a brillamment combiné le patrimoine historique avec les bâtiments modernes de son temps ; les gratte-ciel modernistes surgissent au-dessus des clochers, les façades génériques de verre et d’acier forment la toile de fond de nombreuses scènes de rue. Ainsi, il dépeint la vie contemporaine dans les villes de son temps – la façon dont les gens vivaient et refaçonnaient leur environnement – au lieu de les réduire à des images historiques figées. » (cit. traduit de http://www.uncubemagazine.com).

« Pour Olga Cerna, auteure actuelle de livres pour enfants et dont la grand-mère était la cousine de Sasek, les dessins du maître tchèque n’ont pas vieilli “Les images étaient joyeuses, drôles ! J’aimais comme il relevait les moindres petits détails. Par exemple, dans le livre sur Paris, il y a deux pages consacrées aux chats. Ou alors aux différents types de pains. Il y a toujours beaucoup de gens dans ses livres. Je pense que c’est ce qui plaît aux enfants, que ce ne sont pas uniquement des monuments, mais que les images sont vivantes. Il devait avoir le sens de l’atmosphère d’un lieu pour en tirer ainsi l’essentiel. Je n’ai pas beaucoup voyagé mais quand j’ai pu découvrir l’Ouest, que je suis allée à Paris et en Grèce, j’ai réalisé que les endroits étaient les mêmes que dans les livres, même 30 ou 40 ans après.”. » (cit. https://www.carredartistes.com).

« Ce charme retro permet d’apprécier la réalité des lieux de ces époques en les comparant avec aujourd’hui puisque les écrits ont été republiés tels quels. Le lecteur peut donc se saisir des continuités mais surtout des évolutions territoriales montrant que telle monnaie n’a plus court, que tel gratte-ciel n’est plus le plus haut du monde ou encore que tel bâtiment a été modifié. » (cit. https://clio-cr.clionautes.org).

Le site dédié à Miroslav Sasek
Les villes de Sasek aux éditions Casterman
L’éblouissant travail Stone is not cold de Sasek

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