Pleasures and terrors of levitation

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Aaron Siskind, Pleasures and terrors of levitation | 1952-1961
Photographie de couverture © newyorker.com | Aaron Siskind Foundation

Morceaux de cordes en décomposition, gant abandonné au sol, affiches en lambeaux, graffitis, murs écaillés, pans d’édifices… Sans trucage ni mani­pu­lation, le photographe new-yorkais ­Aaron Siskind (1903-1991) réussit le tour de force de réaliser des images abstraites à partir de ces motifs. Il cadre des détails de telle façon que ceux-ci se transforment en petits univers autonomes, détachés du réel comme des morceaux de banquise à la dérive. En son temps considéré comme l’un des maîtres de la photographie de la seconde partie du XXe siècle […] A ses débuts, dans les années 1930, Aaron Siskind pratiquait la photographie documentaire, témoignant de la misère des New-Yorkais lors de la grande dépression. A partir de 1943, ce fils d’une famille juive immigrée de ­Russie se lance dans une photographie subjective : il ne s’agit plus pour lui de décrire la réalité, mais de transmettre les émotions qu’elle lui inspire. Siskind s’appuie alors sur les recherches formelles de ses amis, les peintres Willem de Kooning et Franz Kline, deux figures de l’expressionnisme abstrait. Comme eux, il cherche à exprimer une énergie, des tensions, une autre dimension du réel liée à l’inconscient, à des forces poétiques ou obscures. En photographiant une algue sur du sable, il compose par exemple une image évoquant les tableaux de Miró ou de Jean Arp […] (Luc Desbenoit cit. telerama.fr)

La série des plongeurs, intitulée Pleasures and Terrors of Levitation, montre des corps affranchis pour un instant des lois de la gravité décrivant une géométrie toute particulière sur la toile blanche du ciel. Cette série peut sembler une fantaisie visuelle un peu en marge du reste du corpus […] Mais, là encore, c’est la cohérence de la démarche de Siskind qui frappe : cette chorégraphie de corps suspendus rejoint les préoccupations développées dans le reste de son œuvre. On y retrouve en effet le geste de décontextualisation, le traitement graphique et abstrait du corps, la dimension dramaturgique, le protocole sériel, l’importance donnée au rythme visuel, la défamiliarisation et le défi lancé au temps. (Mathilde Arrivé cit. Aaron Siskind, une autre réalité photographique)

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