Alan Fletcher

Photographie du portrait : Martin Dunkerton

 

Véritable synthèse des traditions graphiques européennes et de la culture pop émergente de l’Amérique du Nord de la fin des années 1950 et 1960, Alan Fletcher (1931-2006) fait partie de ces « créateurs artistes » bricoleur mais visionnaire qui a su développer au cours de sa longue carrière un style visuel vif, plein d’esprit et très personnel. Il compte parmi les figures les plus influentes et emblématiques du design graphique britannique d’après-guerre.

 

« Co-fondateur de Fletcher/Forbes/Gill dans les années 1960 et de Pentagram dans les années 1970, Alan Fletcher a marqué le paysage graphique britannique en créant de nombreuses identités et chartes graphiques remarquables. Un vaste tableau de chasse au sein duquel on peut retenir les logos de Reuter et du V&A (Victoria & Albert Museum). Depuis 1994, directeur de création des éditions Phaidon, il imprimait sa marque et ses goûts à l’univers du livre. Né au Kenya de parents britanniques en 1931, Alan Fletcher n’a posé les pieds en Grande-Bretagne qu’à l’âge de cinq ans. Supportant mal les rigidités de la société anglaise de l’après-guerre, il choisit d’entreprendre des études d’art. Elève du prestigieux Royal College of Art, il gagnera une bourse qui l’enverra à Yale, aux Etats-Unis, étudier sous la férule des légendaires maîtres du graphisme Paul Rand et Josef Albers. S’imprégnant de l’esprit graphique américain des années 1950, il se liera d’amitié avec Robert Brownjohn, Ivan Chermayeff et Tom Geismar. Alan Fletcher sera même quelques temps l’assistant de Saul Bass, à Los Angeles. Rentré à Londres, via l’Italie, à la fin des années 1950 il connaîtra la prestigieuse carrière que l’on sait. »

– Léonor de Bailliencourt cit. pixelcreation.fr

 

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« Parmi les exemples de graphisme que Fletcher, Forbes & Gill proposaient dans leur recueil Graphic Design : visual comparaisons (1963), plus de la moitié venaient des Etats-Unis et, leurs leurs propres oeuvres mises à part, six seulement étaient britanniques. Cela représentait bien « le climat années 1960 » qu’ils souhaitaient illustrer. « Nous pensons que tout problème visuel a un nombre infini de solutions, que beaucoup d’entre elles sont valables et qu’elles devraient toutes venir du sujet en question ; quant au graphiste, il ne doit avoir aucun style préconçu. » »

Richard Hollis, cit. Le graphisme de 1890 à nos jours. –

 

« Destinée, heureux hasard ou pure chance, Alan Fletcher, Colin Forbes et Bob Gill se sont retrouvés en 1962 – malgré les chemins différents qu’ils prirent chacun – pour fonder Fletcher/Forbes/Gill. En 1949, Fletcher suit des cours à la Hammersmith School of Art, puis à la Central School (où il fait la connaissance de Forbes), au Royal College of Art et enfin à la Yale School of Art aux États-Unis, dans le cadre d’une bourse d’échange. Il revient à Londres en 1959. De son côté, Gill travaille comme graphiste et illustrateur indépendant depuis le début des années 1950 à New York. Il déménage à Londres en 1960 pour travailler pour l’agence de publicité Charles Hobson. Quant à Forbes, après avoir obtenu son diplôme à la Central School, il réalise : des projets en indépendant, puis pour une agence de publicité, avant de retourner en 1956 dans la mère patrie comme directeur du graphisme, poste qu’il occupera jusqu’en 1960. Il fonde alors son propre studio. Fletcher lui loue un studio dans son appartement et les deux hommes entament naturellement une collaboration. Ils seront rejoints par Gill, désabusé par son travail.

Fletcher/Forbes/Gill devient rapidement un des studios graphiques les plus cotés de Londres, les clients appréciant le mélange des talents, la typographie impeccable, l’innovation et la réalisation intelligente alliés à un sens des affaires peu commun (Forbes, surtout) pour une entreprise si petite. En 1965, l’architecte Théo Crosby rejoint le groupe tandis que Gill le quitte. C’est le début de la période Crosby/Fletcher/Forbes, qui se caractérise par des projets plus complexes et ambitieux, pour des clients tels que BP, Penguin, Pirelli et Reuters. A la fin des années 1960, deux autres partenaires rejoignent la société, le graphiste Mervyn Kurlansky et le designer Kenneth Grange. Conscient que les changements fréquents de noms pouvaient leur porter préjudice, Fletcher décide en 1972 que la société s’appellera désormais Pentagram (inspiré par la lecture d’un livre sur la sorcellerie), une étoile à cinq branches, soit une branche pour chaque partenaire. »

– Bryony Gomez Palacio & Armin Vit cit. Anthologie du graphisme. –

 


Plus de ressources sur Alan Fletcher

alanfletcherarchive.com
→ Différents articles sur thinkingform.com, eyemagazine.com, designmuseum.org, designobserver.com, theguardian.com, modular4kc.com, …
Consulter la vidéo The Art of Looking Sideways by Alan Fletcher
→ Consulter l’ouvrage Graphic Design: A New History
→ Consulter l’ouvrage Production for Graphic Designers


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