Yona Friedman à propos de la machine à inventer les appartements

« Yona Friedman, architecte d’origine hongroise, explique un projet conçu pour l’exposition d’Osaka en 1970. Les visiteurs de cette exposition auront la possibilité de choisir les plans de leur appartement et son emplacement , construisant ainsi eux mêmes leur ville , dont la visualisation se fera sur un écran au fur et à mesure.

Architecte utopiste et théoricien hongrois, Yona Friedman publiera plus qu’il ne construira. Il participe à la réalisation des premières colonies résidentielles israéliennes avant de développer à travers ses dessins enfantins, une « utopie réalisable » dont la réussite dépend de la volonté des individus. En réponse à la problématique du déplacement urbain, thème central du Xe congrès des CIAM, il propose de mettre en place une « architecture mobile », composée d’habitacles autonomes flexibles capables d’opérer des transformations continues afin d’assurer la mobilité sociale. Ces cellules s’accrochent librement en n’importe quel point d’une méga-structure surélevée de 35 mètres au dessus du territoire, portée par des pylônes supports des circulations verticales et garantissant les connections de fluides nécessaires.

La « ville spatiale » concilie production de masse et « habitat décidé par l’habitant » tout en prônant « l’auto-planification », laissant libre court à l’improvisation des usagers. Cette trame, après avoir défini une « ville continent » puis une « ville privée », deviendra la « ville du troisième millénaire », à l’impact minimum dans le paysage naturel, utilisant les matériaux disponibles sur place, libérant le sol afin de l’exploiter. Ville saisonnière aux habitants migrateurs, elle économise l’énergie tout en offrant un cadre de vie idéal. A 95 ans, Friedman projette une série de ponts sur le Yangzi Jiang, superstructures entrelacées qui abritent les populations déplacées par la montée des eaux. » (Marion Michaut, cit.ina.fr)