Accompagner le son par le visuel

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« Le moyen le plus habituel d’accompagner visuellement la musique durant ces cent dernières années passe sans aucun doute par le design des pochettes de disques. Au début de l’industrie du disque, les pochettes restent austères et en général il n’y avait que le tranche et l’éventuel macaron qui étaient illustrés (informations et logo de la maison de disques uniquement). Ce n’est que plus tard que l’industrie musicale s’interrogea sur son emballage.

 

‹ En 1939, la Columbia Record Corporation embauche un jeune professionnel de vingt-trois ans afin d’assurer la mise en forme de ses supports promotionnels : Alexis Steinweiss rejoint les bureaux de la société à Bridgeport. Devinant immédiatement les effets qu’un packaging plus séduisant produirait sur le public, il propose des compositions figuratives pour la couverture des albums. La hausse spectaculaire des ventes qui en résulta confirma son intuition – dès lors l’histoire du disque et celle du design graphique seraient intimement mêlées. ›

 

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Dépassé par la demande (une cinquantaine de projets par semaine), Steinweiss, est ensuite rejoint par Jim Flora, qui marqua également l’histoire de la pochette de Jazz par son style proche (aplats de couleurs en tons directs, formes simples…), mais plus rythmé et ornemental. Plus tard, lors de la commercialisation du 33 tours, Columbia fit appel à Steinweiss pour en concevoir le packaging, qui fut ensuite copié par les concurrents. ‹ Ainsi Steinweiss contribua-t-il doublement à l’histoire de la pochette de disque. ›

 

Par la suite, à partir des années 1950, ce fut l’explosion du design de pochettes, partout et en tous genres, aidés par les progrès de l’imprimerie. Dans le jazz, le label Blue Note se démarque alors, autant par sa production discographique que visuelle, avec des pochettes historiques, dont les fers de lance de la conception graphique sont principalement Reid Miles et Francis Wolff.

 

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‹ Durant les années 1950, plusieurs styles de graphisme vont voir le jour. Si la plupart vont s’employer à définir l’univers des différents genres musicaux ou interpréter la façon dont les musiciens voient leur musique, certains de leurs auteurs vont, par leur vision et leur approche esthétique, laisser leurs noms sur les premières marches d’une aventure qui fera de l’illustration un art populaire. ›

 

Ensuite, c’est la profusion qu’on connaît. Les collaborations entre artistes/graphistes et musiciens deviennent quasiment systématiques et de nombreuses pochettes deviennent alors cultes et restent inscrites dans l’histoire, notamment dans le domaine du rock. On peut ainsi citer en exemples : »

 

– Peter Blake, à qui l’on doit le visuel de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band (1967) des Beatles

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– Storm Thorgerson, designer de l’album Dark Side Of The Moon (1973) de Pink Floyd

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– Andy Warhol qui réalisa la célèbre pochette de The Velvet Underground & Nico (1967) mais aussi de Sticky Fingers (1971) des Rolling Stones

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– Jamie Reid pour les Sex Pistols (Never Mind the Bollocks, Anarchy in the UK, God Save The Queen, Pretty Vacant et Holidays in the Sun)

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Peter Saville pour Factory Records (notamment Joy Division et New Order)

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– Mike Kelley pour l’album Dirty de Sonic Youth (1992)

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– Stefan Sagmeister qui réalisa la pochette de Bridges to Babylon (1997) des Rolling Stones ainsi que quelques visuels pour Lou Reed, Skeleton Keys et les Talking Heads

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→ Lire la suite de l’article et accéder au site réalisé par Matthieu Cordier dans le cadre de son mémoire, Dialogue structurel entre les musiques électroniques et le design graphique.

 

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