Minotaure – la revue à tête de bête

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Minotaure | Revue artistique et littéraire surréaliste, Paris, éditions Albert Skira, 13 numéros, 1933-1939.
En couverture : Francisco Borès (1898-1972) couverture de Minotaure nº 5, 1934

« Lorsque, dans un certain nombre d’années, on voudra se rendre compte des dessous de notre temps, c’est-à-dire des préoccupations, des recherches, des curiosités de ces groupes à demi secrets qui forment l’opinion la moins extérieure d’une époque, celle qui travaille dans l’ombre, qui prépare les courants, influence les snobismes, met en valeur les hommes nouveaux, il sera nécessaire de consulter Minotaure. Il est certain que le témoignage de Minotaure sera un jour considérable dans l’histoire intellectuelle de la période qui a suivi 1933. » Edmond Jaloux, éditorial du numéro 9 de Minotaure, 1936

 

« Albert Skira (1904-1973) ouvre sa fabuleuse maison d’édition en 1928 à Lausanne (très vite transférée à Genève) où, à partir de 1931, il publie des ouvrages de grand luxe: Les Métamorphoses d’Ovide illustrées par Picasso, les Poésies de Mallarmé illustrées par Matisse (1932), Les Chants de Maldoror du comte de Lautréamont illustrés par Dalí (1934). Afin d’assurer aux ouvrages une bonne distribution, Skira imagine la création d’une revue qu’il décide de lancer à Paris en s’alliant la contribution de Tériade pour l’édition ainsi que celle d’artistes et d’écrivains tels que Picasso, Breton, Bataille ou Masson. Le premier numéro de Minotaure voit le jour en juin 1933 et offrira à ses lecteurs jusqu’à son interruption au début de la Seconde Guerre mondiale treize livraisons révélant des illustrations en couleurs et des reproductions d’une excellente qualité technique, peu communes aux périodiques de l’époque. Minotaure, dans le rôle de témoin, explore le vaste panorama des années 1930 et devient un lieu de rencontre et de discussion. Le mouvement surréaliste occupant une place prédominante dans les arts, c’est tout naturellement qu’il en va de même dans la revue dès 1937, André Breton en sera le rédacteur en chef.

Quand bien même le projet de Skira n’était pas de créer une revue surréaliste, la sortie de Minotaure coïncide avec le dernier numéro du Surréalisme au service de la révolution et se situe à une époque où Documents, la revue liant Bataille, Leiris et Masson, avait cessé de paraître depuis trois ans déjà. Chacun des numéros de Minotaure rassemble artistes, écrivains, philosophes, critiques, psychanalystes et ethnologues et demande à être lu comme une œuvre collective, polyphonique. » (cit. jrp-ringier.com)


Pour aller plus loin :
→ Un aperçu de l’ouvrage Minotaure – Chants exploratoires édité aux Presses du réél.
→ Lire Albert Skira et ses livres d’art (1948-1973), par Corisande Evesque.
Un aperçu de l’interieure de la revue.
→ Consulter l’article Minotaure : d’une couverture dalinienne ou le kaléidoscope avant-gardiste.
→ Consulter l’article La collaboration des écrivains, des artistes et des savants : les surréalistes dans la revue Minotaure.

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