La Fin du monde, filmée par l’ange N.D.

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Cendrars, Léger, La Fin du monde filmée par l’ange N.D | Editions de la Sirène.
22 illustrations de Fernand Léger (dont 2 sur la couverture et 20 pochoirs en couleur dans l’ouvrage).
La composition, en Morland corps 24.

« Blaise Cendrars (1884-1961) et Fernand Léger (1881-1955) publient La Fin du monde filmée par l’Ange N.D., aux éditions de la Sirène, en 1919. Cendrars, compagnon des avant-gardes, avait déjà commis un “poème simultané” avec Sonia Delaunay, en 1913 : La Prose du Transsibérien et de la petite Jeanne de France. Léger avait collaboré avec Cendrars à son récit J’ai tué, en 1918. La Fin du monde est inspirée par une farce américaine, écrite à la manière d’un scénario. La composition évoque le montage et la succession des plans d’un film. Le goût pour le cinéma des deux artistes les conduit à mener d’autres expériences durant les années 1920. Léger contribue à Die Chaplinade,“poème cinématographique” d’Ivan Goll, paru en 1920 en allemand, suivi d’une publication en français en 1923. Cendrars publie en 1921 L’ABC du cinéma auquel Léger rend hommage dans sa nature morte ABC. Tous deux participent au film d’Abel Gance, La Roue (1923), le premier comme conseiller et le second en concevant l’affiche. En 1924, Fernand Léger réalise le film Le Ballet mécanique. […] » (cit. signes.org)

« […] Les illustrations de Fernand Léger rendent ce livre exceptionnel. C’est devenu un livre d’artiste très recherché car il illustre bien le “rythme de son époque.” Léger connaissait l’auteur déjà depuis 1910. En 1919, l’année de la parution, Léger a sa première exposition personnelle. En plus du logotype de l’éditeur, il crée aussi sept illustrations en pleine page, quatre vignettes, cinq illustrations comme en-tête de chapitre et trois illustrations qui s’étalent sur deux pages. Par ailleurs, il dessine le plat et le contre plat dans le même style: abstrait et cubiste. La plupart des illustrations sont imprimées en combinant deux couleurs ou plus: noir, orange, jaune, bleu, rouge, rose. Ces couleurs sont caractéristiques pour le style art déco. Le texte et l’illustration sont entrelacés: sur la page de texte, des vignettes de couleur sont imprimées sous le texte; dans les illustrations, on voit des lettres et des chiffres, des slogans de publicité et des citations qui tous ensembles représentent l’image d’une ville moderne et agitée.

Pour ce livre, Léger élabore une typographie composée du robuste caractère Morland en corps 24, qui donne au livre un aspect sombre et mécanique. Il y a une relation très nette entre le film et l’illustration. L’histoire est racontée comme s’il s’agissait d’un scénario. Elle est aussi mise en image par l’expérimentation typographique de Léger: elle est composée de lettres séparées, de différentes types de caractère insérées dans les illustrations, l’auteur insère aussi des lettres de caisse (caractères au pochoir utilisés pour marquer le contenu des caisses de transport) et des symboles à grands corps comme des lumières au néon dans la nuit. C’est ainsi que l’homme moderne perçoit le déclin du monde, vu à travers l’objectif d’une caméra qui tourne. Ce livre est crucial pour Léger: il l’aide à former ses idées sur la mécanisation et sur la peinture. […] » (cit. www.kb.nl/fr)

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