Kukeri & Wilder Mann

Scroll
Photographie de couverture © Aron klein

J’avais dans un premier temps découvert cette magnifique série Human Nature de Aron Klein sur ces danseurs Kukeri Bulgares, et au hasard d’un échange avec un collègue, les choses ont pris une toute autre tournure. Il venait de nommer le nom du photographe français Charles Fréger que je ne connaissais pas encore… je vous laisse apprécier le résultat.

« Entre figures mythologiques et subsistances médiévales, vêtus de peaux de bêtes ou d’ornements végétaux, les Wilder Mann (hommes sauvages) photographiés par Charles Fréger louent les saisons et fêtent le cycle de la vie, dressant une cartographie des coutumes ancestrales du vieux continent.[…]

Dans sa publication, Wilder Mann ou la Figure du Sauvage (2012, chez Thames & Hudson), le photographe français est parti, à la manière d’un anthropologue, à la rencontre des différentes et multiples émergences de la figure de l’ “homme ”, aujourd’hui, à travers toute l’Europe (18 pays traversés, de l’Autriche à la Finlande). Chaque année, de la France à la Bulgarie, de la Finlande à la Sardaigne, du Portugal à la Grèce en passant par la Suisse et l’Allemagne, des hommes, le temps d’une mascarade multiséculaire, entrent littéralement dans la peau du “sauvage”. En devenant ours, chèvre, cerf ou sanglier, homme de paille, diable ou monstre aux mâchoires d’acier, ces hommes célèbrent le cycle de la vie et des saisons. Leurs costumes, faits de peaux de bêtes ou de végétaux, sertis d’ossements ou ceinturés de cloches, chapeautés de cornes ou de bois de cerfs, sidèrent par l’extraordinaire diversité et la prodigieuse beauté de leurs formes. »

– cit. macval.fr

 

« Depuis 1999, ses “Portraits photographiques et uniformes” balayent un large corpus d’individus et, plus ponctuellement, de portraits de groupe, que l’on retrouve dans de nombreuses éditions : après sa première série, Faire face, il réalise, entre autres, Majorettes (2002), Légionnaires (2002), Bleu de travail (2003), Rikishi (2005) sur les lutteurs de Sumo ou encore Empire (2009) sur les gardes royaux et républicains. L’école, l’armée, le sport… toute une panoplie de signes qui dessinent les pourtours de la notion de groupe et qui dévoilent une volonté d’y forger son identité.

L’uniforme et la tenue, le masque et le déguisement, le costume et le vêtement, chacune de ces secondes peaux imprime, tour à tour, une typologie à la fois singulière et fédératrice, tandis que Charles Fréger utilise un cadrage majoritairement frontal et en pied […] »

– Julien Blanpied cit. macval.fr

 

« Mon travail photographique, à la base, est une sorte d’accumulation de portraits, souvent de personnes qui appartiennent à des communautés, que ce soit sportives, militaires, professionnelles, traditionnelles. Je recherche des groupes avec des codes forts, avec des attitudes particulières, des groupes où l’identité est vraiment écrite sur le vêtement, sur l’uniforme. C’est la dualité entre l’individu et son groupe qui m’intéresse, l’appartenance de chacun à un groupe, la question de l’identité de quelqu’un : son identité est-elle dissoute par le groupe ou alors est-ce qu’il y trouve sa place, est-ce qu’il aurait même tendance à définir son identité, à exister par le groupe ? Petit à petit, je me suis intéressé à une forme plus sauvage, plus primitive, toujours à une communauté, à des groupes codifiés, mais cette fois-ci sans être strictement dans le portrait mais plutôt dans la silhouette photographique. Dans les silhouettes sauvages il y avait pour moi quelque chose qui permettait vraiment d’être en lien avec la bête. Tout d’un coup le corps se courbe. Le corps, la façon dont il se tord, devient presque chorégraphique. […] »

– Charles Fréger cit. latelierdesphotographes.com

 

« Le rite des kukeri est parmi les coutumes bulgares les plus spectaculaires. Tirant ses origines du passé païen, il reflète l’aspiration de l’Homme d’influencer la nature par la magie et le surnaturel. Ils sont unis par leurs rites, leurs grands masques, leurs cloches et leurs accessoires en cuir visant à chasser le mal, à purifier la nature et la société des forces du mal et à attirer le bien- être, la bonne récolte et la bonne santé. […]

A travers leurs vêtements et leurs masques, les kukeris essaient de faire peur aux forces surnaturelles du mal et d’attirer la bienveillance des bons esprits. Une autre partie typique du costume est la ceinture de cloches qui entoure les hanches et dont les sons retentissent dans tout le village. Les kukeri sont normalement vêtus de pelisses ou de costumes épaisses faites de fourrures de brebis ou de chèvres. Certains costumes symbolisent des personnages : le vieil homme, la vieille femme, les nouveaux mariés. Avec leur guide en tête, les kukeri parcourent le village en faisant des danses complexes. En Bulgarie de l’Ouest, les kukeri effectuent leurs rites entre Noël (25 décembre) et Epiphanie (6 janvier). »

– cit. bulgariatravel.org

 
« J’imagine que les rituels et les cérémonies ont cessés d’être une composante des pratiques culturelles dans nos sociétés, j’ai donc réellement voulu documenter une communauté qui continue de valoriser folklore et traditions […] Chacune de ces images dépeint les subtilités de chaque mythologies propres aux personnages et provenant des contes populaires locaux. »

– Aron Klein cit. blog.grainedephotographe.com

 

Submit a comment