Things are Queer – Duane Michals, 1973

Duane Michals, Les choses sont bizarres,
séquence photographique, 1973
Duane Michals réalise des séries racontant des histoires, ironiques et souvent féroces.  » La plupart des photographes sont des reporters, moi je suis un écrivain de la photographie  » explique-t-il. Il utilise de fait une narration séquentielle. Dans cette série, chaque image vient faire mentir la précédente, dans une mise en abîme permanente.

 
« Entre rêve et réalité, les petites histoires mises en scène par l’Américain Duane Michals (né en 1932) bousculent nos repères et bouleversent le regard que l’on pose sur les choses. La mystérieuse série Things are Queer (1973) n’échappe pas à la règle, déroulant en neuf séquences un scénario où l’irrationnel surgit de l’apparente banalité. En apparence, l’image est banale. Une salle de bains, froide et anonyme, sans signe particulier. La première et la dernière photographie de la série Things are Queer (Les choses sont bizarres) sont identiques. On ne verra pourtant pas de la même manière l’ultime séquence après avoir regardé les sept épisodes intermédiaires. Le spectateur revient à son point de départ, mais après un cheminement qui n’aura cessé de brouiller ses repères, en faisant basculer l’espace et ses objets, a priori familiers, dans une autre dimension. » (cit. connaissancedesarts.com)

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« Les photographes s’imaginent que la photo dit tout simplement ce qu’on voit, et que cette réalité c’est la vérité. Moi je n’y crois pas trop à ça, je pense que la réalité est plutôt faite de contradictions, et c’est quelque chose que j’aime bien montrer dans mes photos. J’aime bien contredire ce que vous croyez voir. Dans Les choses sont étranges chaque photo contredit la précédente. La séquence commence avec cette image d’une salle de bains. Dans laquelle apparaît sur la photo suivante un pied géant. La contradiction vient de la taille du pied qui ne cadre évidemment pas avec la salle de bains. A partir de la troisième photo l’appareil commence à reculer, on découvre l’homme qui se tient pieds nus dans cette petite salle de bains, mais ça reste incompréhensible. L’échelle est impossible, on ne sait toujours pas à quoi s’en tenir. La séquence continue et on retrouve l’image de l’homme à la salle de bains dans un livre. On voit un gros plan d’un livre avec un énorme pouce qui contredit de nouveau la photo précédente. L’appareil recule toujours et on découvre un homme debout dans une espèce de passage et on aperçoit le livre par dessus son épaule. On recule encore et l’image se retrouve tout à coup dans un cadre. Nouveau recul, le cadre a l’air d’être accroché au-dessus d’un lavabo. Et finalement on revoit exactement la même photo qu’au début, sauf que cette fois on remarque bien la petite photo encadrée. Donc on se rend compte que la vérité -la vérité de chaque photo- a toujours été démentie par la photo suivante, et ainsi de suite. » (cit. une-annee-photo)
 
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