Peter Behrens

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Photographie du portrait : © Waldemar Titzenthaler

« Connu comme le père du design industriel moderne, l’architecte, designer, artiste, graphiste et typographe Peter Behrens (1868-1940) est l’un des designers allemands les plus influents du 20e siècle. Il est également membre fondateur de la Sécession de Munich et cofondateur de la Deutscher Werkbund (Association allemande des artisans), qui a ouvert la voie au mouvement Bauhaus. Né à Hambourg, Behrens étudie la peinture dans sa ville natale, ainsi qu’à Düsseldorf et à Karlsruhe. En 1890, il déménage à Munich où il débute sa carrière de peintre, illustrateur et de relieur, avant de repartir à Düsseldorf pour y enseigner à l’école d’arts appliqués. En 1899, Behrens se voit proposer l’opportunité de construire une maison dans la Künstlerkolonie à Darmstadt, récemment créée. […] »

– cit. pamono.fr

 
« L’un des petits-fils de la reine Victoria, Ernst Ludwig, grand-duc de Hesse, souhaite transformer la petite ville de Darmstadt en Allemagne en capitale régionale (il avait passé du temps en Angleterre où il a beaucoup apprécié les écrits de Morris et Ruskin et l’essor des Arts and Crafts). Il demande en 1898 à un architecte viennois reconnu, Joseph Maria Olbrich, de réunir une colonie d’artistes dans un quartier à construire qui deviendrait le prototype d’un habitat nouveau. Sept maisons seront inaugurées en 1901 ; six construites par Olbrich, la septième par Peter Behrens […] Pour chacune des maisons, les principes demeurent semblables : larges baies ouvertes, luminosité intense, prédominance du blanc, rythme linéaire souple courant du mobilier jusqu’à la vaisselle. »

– cit. musee-orsay.fr

 

« En contre point de la maison d’Olbrich, pleine d’élégance et de légèreté, Peter Behrens construit la sienne dans des lignes plus rigoureuses. D’impressionnantes liernes d’angle dessinent des contours nets et donnent son caractère propre à la maison. Malgré la présence de quelques motifs décoratifs comme les pignons échancrés ou les bourgeonnements de flammèches verts. Le caractère exemplaire de sa maison fut rapidement compris et salué comme il le méritait […] L’intérieur, contraste avec la rigueur extérieure par sa solennité. De lourdes formes obscures emplissaient le salon de musique, l’atelier et la chambre des dames. Seule la salle à manger, avec ses tonalités de blanc, rouge et argent faisait exception à cette règle.

En dépit de leurs divergences, Olbrich et Behrens se retrouvaient sur le plan d’un mobilier Jugendstil. La salle à manger est certainement la pièce la plus aboutie où il s’approche de Van de Velde ou de Mackintosh. Lignes rigoureuses, courbes et droites, mobilier aux formes originales des chaises et des lampes. Nous sommes ici dans une conception d’une œuvre d’art total dans la mouvance de l’Art Nouveau. Cette maison marque une étape dans l’architecture domestique en Europe. Peter Behrens semble être l’architecte le plus complet de sa génération et il le prouve en allant diriger à Düsseldorf l’Ecole des Arts décoratifs appliqués en 1903 […] »

– cit. lewebpedagogique.com

 

« Également du fait de ses contacts avec la culture viennoise et de sa connaissance des théories de Semper et de Riegl, Behrens recherche, dans la première période de son œuvre, des valeurs de surface bidimensionnelles, dans le droit fil de sa formation de peintre et de graphiste. Dans des œuvres comme le crématorium près de Hagen (1906-1907) et comme les pavillons de la Kunsthalle d’Oldenburg (1905) et de l’Exposition des arts appliqués à Dresde (1906), il articule la surface en panneaux déterminés par des lignes qui reprennent les géométries de l’architecture romane à Florence et d’un graphisme linéaire de goût viennois. […] En 1920, dans une définition de sa propre poétique architecturale, Behrens souligne la solution qui consiste à “isoler les parois et [à] les rendre indépendantes par l’encadrement”.

A l’intérieur des pavillons d’exposition à Oldenburg, en particulier celui de la Delmenhorste Lineolumfabrik, la recherche graphique aboutit à une composition de panneaux décoratifs abstraits et de structures géométriques: le graphisme qui marie des géométries viennoises et de l’art roman florentin annonce l’art abstrait de Mondrian et de van Doesburg. Le crématorium s’articule en une partie d’avant-corps en forme de temple, caractérisée par un précieux revêtement de marbre ponctué de graphismes géométriques florentins, et une partie postérieure en blocs de pierre rustique ; il se présente comme une combinaison de “jeu eurythmique de lignes et de plans” et de “beauté cubique”. Son habileté formaliste permet à Behrens de passer de la recherche de graphismes bidimensionnels à celle d’effets volumétriques puissants […] »

– cit. Histoire de l’architecture moderne: structure et revêtement

 
Son usine AEG construite à Berlin en 1908-1909 est une de ses œuvres majeures véritable “temple de l’industrie”. La structure est en acier et ciment armé les façades revêtues de briques. Son originalité est le contraste entre les vastes surfaces vitrées et les puissants massifs d’angle. Peter Behrens était alors le plus grand architecte allemand. Van der Rohe, Gropius et Le Corbusier sont passés par son atelier.

« La relation de Behrens avec AEG était novatrice et moderne. Jamais directement employé par AEG, Behrens a travaillé comme consultant artistique, créant une image de marque pour ce géant industriel. La première mission de Behrens était de repenser les lampes de l’usine, qu’il simplifia en ajustant leurs propriétés sculpturales et leurs proportions. Grâce au grand succès des lampes, Behrens continue de créer d’autres pièces pour AEG, dont des horloges, des machines à café, des bouilloires, des ventilateurs et des montres, ainsi que des caractères, des publicités et des logos. Sa philosophie de design place le modernisme dans le contexte de changement rapide de l’ère de l’industrialisation. »

– cit. pamono.fr

 

« Depuis des millénaires, les groupes comme les individus ont jugé essentiel de s’identifier. Être connu par son nom, c’est avoir de la valeur. Les signes préhistoriques sur les murs des cavernes et les symboles héraldiques ne sont que deux repères historiques de ce besoin fondamental. Le commerce se développant, ce besoin s’élargit du niveau local au niveau national puis international. Bien plus tard, après la révolution industrielle, au début du XXe siècle, une entreprise allemande innovante mit en place un modèle qui deviendrait ce qu’on appelle aujourd’hui l’“identité visuelle”. AEG (Allgemeine Elektrizitäts- Gesellschaft), grande manufacture d’électricité, mit en œuvre sous la direction du graphiste Peter Behrens un système complet de graphisme qui s’appliquait aussi bien à son organisation qu’à son architecture et à un grand nombre de ses produits industriels et de grande consommation. Pour la première fois, l’utilisation uniforme du design graphique conféra à AEG une image homogène. L’entreprise appliqua un logotype standardisé, des structures de grilles organisationnelles sur ses supports imprimés, et utilisa de manière uniforme la typographie sans empattement, la couleur et la photographie. Ce système posa les jalons de l’avenir de l’identité visuelle et de la stratégie de marque. […] »

– R. Roger Remington, cit. Un regard historique sur l’identité visuelle in. Graphisme en France n°23

 

« En 1907, Behrens, accompagné d’autres artistes, designers et entreprises, fonde la Deutscher Werkbund, une organisation qui intègre les principes du mouvement anglais Arts and Crafts, ainsi que des idées résolument nouvelles et modernistes ayant pour objectif d’améliorer le design des objets quotidiens. L’engagement de Behrens vis à vis de ces objectifs et la viabilité des idéaux de l’organisation sont clairement visibles dans sa conception de l’usine de turbines AEG à Berlin. Malgré l’absence de formation de Behrens en ingénierie ou en architecture, l’usine est généralement considérée comme l’un des tout premiers exemples d’architecture moderniste et l’un des plus influents. 100 ans plus tard, elle est toujours en activité. »

– cit. lewebpedagogique.com

 
Peter Behrens travailla également comme typographe pour la fonderie Klingspor où dessina entre 1907 et 1909 la Behrens-Schrift et Behrens-Antiqua qui sera d’ailleurs utilisé pour le logotype de AEG ainsi que l’identité.


Plus de ressources sur Peter Behrens :

Peter Behrens présenté magnifiquement par Enso Magazine
→ Consulter l’ouvrage Peter Behrens: architecte et designer
→ Consulter l’ouvrage Histoire de l’architecture moderne: structure et revêtement
→ De nombreux articles sur pamono.fr, enkidoublog.com
→ Consulter l’ouvrage Meggs’ History of Graphic Design
De nombreuses ressources numérisé sur le site de la bibliothèque universitaire de Heidelberg
→ Consulter l’ouvrage Peter Berhens par Fritz Hoeber datant de 1913
Le specimen de son caractère Behrens Schrift


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