Max Bill

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« Artiste fondamental qui a incarné la modernité de façon exemplaire. À la fois architecte formé au Bauhaus, peintre abstrait (il fut élève de Kandinsky et Klee), cofondateur du mouvement de l’Art concret (poursuivant la pensée de Théo van Doesburg), mais aussi graphiste, typographe, scénographe d’exposition et designer, certaines de ses réalisations font désormais partie des grands classiques du 20ᵉ siècle. »

– cit. ccsparis.com

« Dans les années 1950 et 1960, il jouit d’une grande influence dans le monde du design grâce à son livre intitulé Form, son exposition Die Gute Form (‹ La Forme utile ›) en Suisse et la création de la Hochschule für Gestaltung (école de design) à Ulm en Allemagne. Le design graphique de Max Bill semble échapper à toute catégorisation. Étudiant tout frais émoulu du Bauhaus – dans sa dernière époque technocratique et scientifique – Bill avait néanmoins l’esprit ludique et inventif. Ses créations n’exprimaient aucun style personnel, mais s’adaptaient au sujet. ‹ Fonctionnaliste › constitue peut-être le qualificatif le plus adapté pour décrire son travail qui, pour autant, ne manquait pas d’équilibrer liberté d’imagination, discipline intellectuelle et élégance esthétique. Mais c’est l’importance donnée par Max Bill à la façon dont le spectateur pourrait ‹ lire › et réagir à un design imprimé qui confère à son œuvre une importance et un intérêt jamais démentis […]

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[…] Le magasin Wohnbedarf vendait du mobilier et de l’éclairage contemporains créés par des architectes suisses et européens, parmi lesquels d’anciens membres du Bauhaus. Les créations graphiques signées par Max Bill en 1931 constituaient un parfait exemple de ‹ design total ›, du style de l’enseigne commerciale au matériel promotionnel, du lettrage de la façade du magasin aux articles de papeterie. Comme dans l’ensemble de son travail et dans le plus pur respect du style Bauhaus, Max Bill n’utilisa aucune capitale dans la typographie. Sur ce point uniquement, l’artiste se montra dogmatique. Pour la plupart des créations destinées à être imprimés, il adopta les formats standardisés DIN et, dans la mise en page de brochures. utilisa les pliures du document comme structure donnée a priori pour le texte et les images, afin quelle s’intègre au flux de l’information […]

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[…] La création qui, sans conteste, symbolise toute l’inventivité des premiers travaux de Max Bill est une petite brochure de 24 pages conçue en 1934 pour une entreprise de matériel médical. Ses pages au format paysage sur un tiers de A4 présentent des accessoires et des appareils dédiés à différents traitements médicaux. Imprimée en noir et vert par impression typographique, cette brochure tire avantage de tous les aspects du simili: détourages, arrière-plans gris et noirs, caractères en noir sur fond blanc et couleur, caractères en réserve blanche sur fond noir et en réserve blanche sur fond de couleur. Pour la couverture. Max Bill se livre à une opération chirurgicale sur la photographie, qu’il ouvre pour dévoiler l’aménagement intérieur des show-rooms. Au dos. la marque de fabrique ovale figurant sur toutes les doubles pages indique l’emplacement exact de l’entreprise sur une photographie aérienne du centre de Zurich. […]

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[…] Une étude attentive des oeuvres de Max Bill est une véritable leçon de travail artistique. Peu nombreux, ses écrits sur le design graphique n’en possèdent pas moins une résonance contemporaine. En 1930, ses premiers propos publiés comportaient déjà deux maîtres mots de son travail graphique : économie et clarté. Le design d’imprimés consiste en un agencement de texte qui se doit de prendre en compte la lisibilité et la psychologie. Quant à l’économie, elle impliquait la standardisation des formats de papier et le recours exclusif à des polices en bas de casse. Des propos tirés d’un article court consacré à la typographie et publié en 1937 synthétisent bien ses partis pris créatifs. Il écrit ainsi que la solution la plus simple est la plus belle; dit de son travail que des caractères noirs sur du papier blanc tentent de créer l’expression la plus claire et la plus calme possible. Enfin, il souligne que, dans une création, le blanc est aussi important que les parties imprimées, avant de conclure que la relation entre l’espace et les caractères typographiques, qui est l’essence même du travail. peut ne pas être perçue par nombre de spectateurs. Mais c’est précisément cette possibilité qui. lorsqu’elle est correctement utilisée, est susceptible d’élever la typographie au niveau de l’œuvre d’art. »

Richard Hollis cit. Etapes magazine N°166

 

Plus de ressources sur Max Bill :

maxbill.ch
→ Plus d’images sur dergestaltingenieur.com (site que je vous recommande vivement si vous ne connaissiez pas) et moma.org
Un article en italien sur Max Bill et la typographie
→ Une collection d’ouvrages réalisés par Max Bill sur wiedler.ch
→ Consulter l’ouvrage Form, 1952
Différents articles relatif à Max Bill sur visualaddicted, thinkingform.com, modern-theory.com
→ Consulter l’ouvrage Max Bill : ou, la Recherche d’un art logique
→ Consulter l’ouvrage Die gute Form
→ Consulter le dossier de presse du documentaire the master’s vision
Consulter Bau, baukunst, architektur, The Work of Max Bill, OASE N°45

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« Développées par Bill dans les années 1960, les signes typographiques renvoient à certaines polices d’écriture d’images-mots (Schrift aus Wortbildern). Ces travaux étaient basés sur la phonétique et “graissaient “ les voyelles comme l’avait fait Kurt Schwitters dans sa typographie optophonétique des années 1920 (“Neue Plastische Systemschrift“ ). Il s’agit de trouver des correspondances dans l’apparence des mots et leur forme acoustique afin d’améliorer la vitesse de lecture à des fins d’efficacité industrielle. » (cit. ccsparis.com)

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