Magali Brueder

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Photographie de couverture et de l’interview © Magali Brueder

Magali Brueder est originaire de Paris où elle vit et travaille actuellement en tant que freelance. Elle collabore régulièrement avec plusieurs graphistes sur différents travaux, récemment, elle signe l’identité pour Lewis OfMan ou encore contribue à la dernière revue d’architecture et d’édition PLI. Elle est également illustratrice, aimant immortaliser au travers de ses feutres à alcool les paysages parcourus au rythme de ses voyages, leurs donnant cet aspect et rendu si rétro-naïf, une invitation à repartir en vacances.

 
Hello Magali, peux-tu te présenter et décrire ton parcours ?
Salut Arthur ! Je m’appelle Magali Brueder je suis graphiste et j’ai grandi à Paris. Après le bac je suis entrée à l’ECV (École de Communication Visuelle) où j’ai passé 3 ans. C’est là-bas que j’ai appris la base du métier. Mais je commençais à me sentir limitée par le manque de matériel et une pédagogie qui devenait trop professionnalisante. J’ai passé le concours d’équivalence de l’École des arts décoratif de Strasbourg (maintenant HEAR – Haute école des Arts du Rhin) ou j’ai été reçu en 3e année communication graphique. J’en suis sorti diplômée en 2016.

Tu es graphiste de formation, illustratrice par affinité, comment as tu rencontré ces deux pratiques ?
Je n’ai pas l’impression de les avoir rencontré vraiment, mais qu’elles ont toujours fait parti de moi. Petite je voulais être dessinatrice de bande-dessinées, jusqu’à tard je ne connaissais pas l’existence du métier de graphiste. J’ai vite compris qu’il rassemblait tout ce que j’aimais. L’affiche est un moyen de pouvoir rassembler ces 2 pratiques, le tout pour moi est de trouver le bon équilibre entre rigueur graphique et plasticité. Mais je prend autant de plaisir à faire une mise en page avec de bonnes typos qu’un dessin avec de belles couleurs. À l’ECV je suivais les cours d’illustration des JeanClode, aux Arts déco je passais le plus de temps possible à l’atelier de sérigraphie !

Tu vis et travaille à Paris, quel regard portes-tu sur la scène de l’illustration en France ?
Elle est foisonnante ! Sur les réseaux sociaux on voit passer des milliers d’images, si bien qu’il devient difficile de s’arrêter vraiment sur quelqu’un. Je trouve que l’illustration vectorielle est sur-utilisée. Tout finit un peu par se ressembler. Je suis beaucoup plus sensible aux images faites à la main en général.

Au regard des besoins contemporains, les profils sont de plus en plus transversaux, que penses-tu de la pluridisciplinarité du graphiste d’aujourd’hui ?
Pour moi c’est essentiel, je m’ennuie vite à rester trop longtemps sur un même medium. Chaque discipline peut enrichir une autre. Les graphistes que j’admire ont d’ailleurs souvent une double-casquette, comme Julien Lelièvre, Benoît Bonnefrite, Paul Cox par exemple. Pour la mise en page du programme annuel de l’espace culturel « Le Colombier », nous avons pris nous même les photos qui accompagne le texte. C’est assez plaisant de pouvoir sortir la tête de son ordinateur et d’aller directement sur le terrain.

As-tu une référence qui t’a particulièrement marquée lors de tes études ?
Il y a Ed Rusha qui me vient à l’esprit, que j’ai découvert pendant mes études et qui m’a influencé dans mon travail. J’aime bien justement sa pluridisciplinarité autant dans la peinture, typographie, photographie et surtout ses livres d’artistes. Malgré le temps je trouve son travail toujours aussi moderne.

À en juger par ton travail d’illustration, le voyage t’apporte de nouveaux points de vue et te permet de construire de nouveaux décors. Peux-tu nous parler de ton “espace de travail ?”
Oui c’est là que je puise mon inspiration ! Je suis à la recherche de compositions dans les paysages naturels que je réinterprète à ma façon. Parfois ça peut être un peu obsédant. J’aime l’idée qu’un dessin puisse provoquer une émotion selon sa technique ou ses couleurs. Après mon retour d’un voyage aux États-Unis j’ai commencé à dessiner des paysages au feutres à alcool et le résultat m’a plu. Je commence donc à avoir une collection de ces “décors” tous au même format. Je me sens d’ailleurs parfois plus proche de la peinture de paysage que de l’illustration contemporaine, avec des peintres comme Matisse, Derain, Milton Avery ou Etel Adnan

Parlons un peu de ton travail d’archive graphique, tu as monté en novembre 2016 Trésor Graphique peux-tu nous raconter ta démarche et tes critères de sélection ?
Je passe pas mal de temps à rassembler des images trouvés sur internet, il m’arrive de tomber sur des vrais pépites sur des sites un peu mal foutu. Au départ ça devait être pour partager des vieux travaux graphiques peu connu, puis je me suis limitée aux affiches pour plus de cohérence et parce que c’est un support que j’affectionne particulièrement. J’avais envie de les réunir sur une plateforme plus épuré, et avec toujours une légende, ce qui apparait rarement dans le flux Tumblr. Les critères de sélection sont vraiment personnels selon des esthétiques qui m’attirent, au final il y a quand même un style qui se dégage mais ce n’était pas voulu.

Un mot pour les copains ?
Big up aux anciens Ben, Léa, Yuko, à la team Strasbourg et à Clémence Passot grâce à qui j’ai pu faire pleins de chouettes projets <3

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