Frédéric Henri Kay Henrion

« Né Heinrich Fritz Kohn à Nüremberg en 1914, il fuit les Nazis et s’installe à Paris, où il a de la famille, dans les années trente. Il suit les cours de l’École Paul Colin mais regrette de ne pouvoir travailler avec Cassandre qui part pour les états-Unis. Il découvre le surréalisme qui influencera ses premières créations. En 1939, il fait le bon choix en partant pour Londres, où il se présente comme affichiste. Comme tous les émigrés de talent, il est appelé pendant la guerre par le ministère de l’information, le bureau londonien de l’US Office of War et dessine aussi des campagnes pour le ministère de l’agriculture et le General Post Office. Il réalise aussi la mise en scène d’expositions, autre activité qu’il affectionne. Après la guerre, il trouve rapidement des clients (Philips Shave, Murphy Television) et fonde en 1951 Henrion Design Associates qui devient HBA international en 1972 et se spécialise dans la corporate identity pour KLM, British Lelyland ou London Electricity board. Il est également directeur artistique pour Olivetti en Grande-Bretagne. C’est un infatigable travailleur et la raison en est fort simple : ‹ un bon designer doit faire autant plaisir à son client qu’à lui-même ›.

Parallèlement à son activité professionnelle, il consacre un temps considérable à la promotion du métier de graphiste et à la formation des jeunes designers. à côté de multiples activités d’enseignement, il est aussi membre fondateur de l’Alliance Graphique Internationale dont il est élu par deux fois président (1963-1967 et 1976 et 1977). Il est le premier président de l’International Council of Graphic Designers Association (ICOGRADA) en 1963 puis en 1968-70. En 1968, il rencontre et épouse Marion Wesel qui deviendra plus que son assistante, sa complice dans les projets gigantesques qu’il lance : les AGI annals paraissent en 1990 et à partir de 1974 s’ouvrent les séminaires annuels d’Icograda , rendez-vous incontournable des jeunes graphistes, qui lui survivront grâce à l’infatigable énergie de Marion. »

– Alain Weill cit. catalogue.gazette-drouot.com

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« Jamais on ne pénètre dans l’atelier de Henrion sans y faire une trouvaille, soit un scarabée minuscule scintillant dans la transparence d’un cube en plexiglas, soit un mobile en osier tressé figurant des moutons trottinant dans l’espace, ou une oeuvre de sa femme qui est sculpteur, ou même encore une armoire à rayons dont il a créé le modèle. L’oeuvre de création, chez cet artiste, est une et indivisible non moins que la paix, et il n’est heureux que s’il étend sans cesse son champ d’action.
Il débuta à Paris, il y a une quinzaine d’années, d’abord chez Paul Colin dont il fréquenta les cours en même temps que Leupin et Villemot. Puis, trois ans durant, il dessina des textiles au rythme de quatre projets par jour, ce qui lui fut, de son propre aveu, une « excellente école ». En 1937, il participa à la décoration du Pavillon de la Réclame à l’Exposition mondiale de Paris, et, à Londres, à l’aménagement de la MARS exhibition (Exposition d’architecture moderne expérimentale), l’une des premières expositions réalisées en Angleterre selon la technique moderne de présentation. Les trois années suivantes, il travailla alternativement à Paris et à Londres, occupé surtout à des projets d’affiches, d’emballages et d’annonces de presse. Enfin il quitta la France au début de la guerre pour s’établir alors définitivement en Angleterre.

Pendant la guerre, il fut attaché au département des expositions du ministère britannique de l’Information, puis à celui du service américain de l’information de guerre, C’est alors qu’il créa des affiches pour le Haut-commandement allié. Depuis la fin de la guerre, son activité s’est portée dans le champ des formes industrielles, où il se consacre aux choses les plus diverses, des caractères d’imprimerie aux machines à coudre. Il est le directeur de l’Ecole des Arts et Métiers de Londres, et membre-conseiller en meme temps que vice- président de la SOCIETY OF INDUSTRIAL ARTISTS.

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Henrion prétend n’accorder la préférence à aucune de ses diverses occupations, mais il reconnaît pourtant que la création de formes industrielles, plus durables que les expositions et la réclame imprimée, apporte une appréciable compensation au travail publicitaire toujours fugitif. Il prône ardemment la non-spécialisation — caractéristique de sa propre carrière — et la nécessité pour l’artiste de saisir le plus largement tous les moyens d’expression qu’offrent l’art pur aussi bien que les arts appliqués. Plus l’artiste enrichit et approfondit son fonds de ressources artistiques et techniques, plus il est apte à résoudre avec assurance et témérité les problèmes à lui posés.

F. H. K. Henrion, qui a maintenant 37 ans d’âge, continue d’oeuvrer dans la tradition rationaliste du Bahaus de Munich. Il tire parti d’une infinité de techniques et de matériaux, utilise aussi bien la photographique que le dessin, bref, il plie à ses fins tout ce qui peut lui tomber sous la main. Ses tendances germaniques, le sérieux et la raideur, sont heureusement atténuées par l’élan qu’il acquit à Paris, par l’humour robuste et l’absence de prétention qui sont la marque traditionnelle des artistes graphiques anglais. Ses projets pour la présentation de livres et de périodiques témoignent d’une inspiration tout ensemble intellectuelle et abstraite, essentiellement objective et sobre, dirait-on presque scientifique, à laquelle se joint un sens aigu des rapports sensibles, exprimés toujours avec un infaillible souci d’élégance et du style. Sa contribution à l’aménagement des halles The Land of Britain et The Country à l’Exposition South Bank du Festival of Britain, se manifeste dans toute une série de solutions particulièrement remarquables, où s’est déployé son talent d’invention. »

– cit. Graphis N°37

 

Plus de ressources sur F. H. K. Henrion :

→ Consulter le magazine Graphis N°37 de 1951
→ Consulter le magazine IDEA N°114
→ Consulter FHK Henrion – AGI Annals
→ De belles images sur chrismmoyer.com, thinkingform.com et
arts.brighton.ac.uk
az-project.org

 

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