Ed Ruscha – History

« Né en 1937 à Omaha (Nebraska), installé depuis 1956 à Los Angeles, ville à laquelle son nom est régulièrement associé, Ed Ruscha est l’auteur d’une œuvre qui s’étend aujourd’hui sur plus de cinq décennies et compte parmi les plus importantes de l’art contemporain. Artiste prolifique, il a été et est encore à la fois peintre, dessinateur, graphiste, graveur, photographe, cinéaste et – à partir de 1963, année de la parution du désormais mythique Twenty six Gasoline Stations – inventeur d’un genre de publication qui transforma radicalement la notion de livre d’artiste.



Dès ses débuts, et de façon quasi constante, Ed Ruscha a placé les mots – leur observation, leur représentation – au cœur de sa pratique. Sur un mode souvent ironique ou humoristique, le langage s’allie chez lui au paysage, chacun n’étant finalement qu’une variante de l’autre, ainsi que le rappelle au monde entier le célèbre signe ‹ Hollywood › sur sa colline californienne. Dans sa fascination enfantine pour la bande dessinée, c’est le mot même (cartooning) qui, pour ainsi dire plus que la chose, retient l’œil de Ruscha.

En 1980, à la question ‹ Qu’est-ce qui fait que vous voyez les mots comme des images ? ›, il répond en soulignant le rôle moteur du langage dans son travail de peintre : ‹ C’est sans doute parce que je suis un enfant des médias, et que j’ai toujours été attiré par tout ce qui concerne ce phénomène de la communication entre les gens. Peut-être cette communication s’assimile-t-elle, chez moi, à la culture populaire, étant donné l’impact qu’ont eu sur moi les journaux, les magazines – la chose imprimée, en fait. C’est l’imprimé qui a compté. Quand j’ai envisagé de devenir artiste, la peinture représentait à mes yeux la dernière des méthodes. Je la voyais comme une forme de communication archaïque, quasi obsolète. Comme la moins intéressante de toutes les formes de communication. Les journaux, les magazines, les livres – les mots, en somme – avaient plus de sens, à mes yeux, que n’importe quelle fichue peinture à l’huile d’un artiste. Donc je suppose que tout est parti de là pour aller jusqu’à cette idée d’interroger le mot imprimé. › » (cit. centrepompidou.fr)

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