Atlas international des nuages

Atlas international des nuages. International cloud-atlas. Internationaler wolken-atlas – 1896
Hugo Hildebrand Hildebrandsson / publié par Gauthier-Villars & fils, Paris.
Extraits de l’article L’Atlas international des nuages, Michel Rochas in La Météorologie N° 15, 1996.

« Trois livres portent le titre d’Atlas international des nuages publiés respectivement en 1896, 1932 et 1956 […] Celui de 1896 fut réalisé afin de permettre aux observateurs des pays participant à l’Année internationale des nuages de parler une même langue. Les mesures effectuées au cours de cette année ont joué un rôle important dans la compréhension des perturbations et dans le développement de la théorie de la circulation générale de l’atmosphère.

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[…] En 1802 Jean-Baptiste de Monet, chevalier de Lamarck, proposa une première classification qui ne rencontra aucun succès, l’année suivante, en Angleterre, Luke Howard publia une classification qui connu un succès si grand que tous ceux qui tenteront ultérieurement d’utiliser des noms différents seront oubliés. Elle était établie sur trois types fondamentaux, cirrus, cumulus et stratus, auxquels se rattachaient deux types intermédiaires, cirrocumulus et cirrostratus, et deux types composés, cumulostratus et cumulocirrostratus. En pratique, bien qu’ils ne se soient pas connus et qu’ils aient eu des formations très différentes, Lamarck et Howard étaient arrivés à des classifications assez semblables : Besson (1923) a d’ailleurs fait remarquer que quatre des cinq types de Lamarck se retrouvaient dans la classification de Howard. Après ces précurseurs, la classification des nuages s’est peu à peu enrichie […]

La Société météorologique de France, peu de temps après sa création, confia à Renou le soin d’écrire les consignes à respecter pour faire des observations météorologiques dans les règles de l’art, ce qui a conduit aux Instructions météorologiques (Renou, 1855). Il n’avait repris de la classification d’Howard que les cumulus et les cirrus, et il avait introduit un nouveau type, les nuages élevés, qu’il designa en 1870 sous le nom d’altostratus. Il ajouta ainsi les nuages moyens, entre les nuages bas et les cirrus, ce qui influenca la classification de Hildebrandsson.

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Le directeur de l’observatoire d’Uppsala, Hugo Hildebrand Hildebrandsson, a été le premier à utiliser la photographie pour l’étude et la classification des nuages. Son ouvrage, Sur la classification des nuages employée à l’observatoire d’Upsala, contenait seize photographies […] La classification sur laquelle est fondé l’Atlas international des nuages de 1896 est due à Hildebrandsson et Abercromby. Elle fut élaborée lors de la visite de ce dernier à Uppsala, en 1886, et publiée sous la forme de deux articles dans un numéro du Quarterly Journal of the Royal Meteorological Society, suivis d’une importante discussion. Auparavant, Ralph Abercromby avait fait deux fois le tour de la Terre pour s’assurer que les nuages présentent partout les mêmes caractéristiques, ce qui n’est évidemment pas entièrement exact […]

En 1888, Neumayer et Köppen, de la Deutsche Seewarte à Hambourg, ont contacté Hildebrandsson pour publier un atlas des nuages. Pour décrire les différents types de nuages, ils ont décidé d’abandonner les dessins, les meilleurs existant (Weilbach, 1880) étant trop schématiques. Les photographies donnaient de meilleurs résultats, mais certains nuages se laissaient difficilement photographier. Hildebrandsson, d’un côté, Neumayer et Köppen, de l’autre, ont donc fait exécuter des peintures des nuages mal reproduits par des photographies. L’atlas contenait dix planches en couleur, douze en noir et blanc, avec un texte en suédois, en allemand, en français et en anglais […]

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[…] Ce premier atlas a été un pas supplémentaire vers l’harmonisation des pratiques météorologiques dans les différents pays du monde, à une époque où ce travail était fondamental. Une idée des pratiques concernant l’observation des nuages a été donnée par Hildebrandsson (1887), dont il est intéressant de relire le travail pour comprendre l’importance de cet atlas, tant les classifications retenues dans les différents pays étaient incompatibles. L’atlas, ou tout au moins la classification qu’il comprend, a été aussi un élément important du succès de l’Année internationale des nuages. C’est une entreprise à laquelle Hildebrandsson tenait beaucoup ; il a écrit à Teisserenc De Bort le 18 septembre 1895 : “ Si l’atlas ne paraît pas dans peu de temps, je crains beaucoup que toute l’entreprise, à la préparation de laquelle j’ai consacré vingt années, – l’Année des nuages – n’échoue ”. »

– Michel Rochas cit. La Météorologie N° 15, 1996.

 

Plusieurs images de l’Atlas international des nuages de 1896
Consulter le International Cloud Atlas / Volume II de 1987
 

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